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PERSPECTIVES D'INVESTISSEMENT | – 4 Min

Points marquants de l’allocation d’actifs – Les craintes liées à la stagflation s’intensifient

Daniel Morris
By MAYA BHANDARI, DANIEL MORRIS 31.05.2022

    Les performances des marchés financiers au sens large ont rarement été aussi faibles au cours des 30 dernières années : Depuis le début de l’année, les pertes d’un portefeuille constitué à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations sont proches de celles enregistrées lors de la crise financière mondiale de 2008. Les marchés financiers anticipent de plus en plus un phénomène de « stagflation », c’est-à-dire une croissance molle et une hausse de l’inflation. Qu’est-ce que cela signifie pour l’allocation d’actifs ?

    Tout d’abord, penchons-nous sur les perspectives des taux d’intérêt américains. Les attentes liés aux taux des fonds fédéraux dans un an ont chuté d’environ 40 pb en raison des signes de ralentissement de la croissance économique et des craintes de récession. La croissance doit ralentir pour que l’inflation se rapproche de l’objectif d’inflation à long terme de la Réserve fédérale américaine. Déjà, la croissance des ventes au détail s’essouffle et les indices des directeurs d’achat (PMI) sont en baisse. Les investisseurs craignent que la décélération n’aille trop loin.

    Un indicateur clé à surveiller sera la croissance des salaires aux États-Unis. Les récentes hausses de salaires sont incompatibles avec l’objectif d’inflation de la Fed. La croissance des salaires devra commencer à ralentir d’ici l’automne pour que les marchés restent convaincus que 200 pb de hausse supplémentaire du taux des fonds fédéraux – comme cela est actuellement prévu – suffiront à garder l’inflation sous contrôle.

    Les estimations du consensus concernant la croissance du PIB ne sont guère rassurantes. Celles-ci suggèrent que la croissance restera stable à environ 2 % chaque trimestre jusqu’en 2023. Les prévisions les plus pessimistes, qui pourraient annoncer une récession, suggèrent qu’elle pourrait se produire vers la fin de l’année prochaine. Bien que nous soyons plus pessimistes que le consensus, nous pensons qu’une récession sera évitée.

    Estimations des bénéfices  

    Les prévisions de bénéfices ont pour la plupart stagné, les analystes tenant compte de la baisse de la demande due à l’inflation et de la diminution des marges due à la hausse des coûts (voir graphique 1). Malgré cela, nous considérons que les prévisions pour l’Europe hors Royaume-Uni sont trop optimistes et nous anticipons des baisses significatives. Le coup de pouce à la croissance des bénéfices dans le secteur des matières premières ne sera probablement que temporaire. Les bénéfices du secteur européen de l’énergie pourraient presque doubler en 2022 avant de chuter pendant les deux années suivantes.

    Certes, au sein des portefeuilles d’allocation d’actifs, nous préférerions simplement adopter une position longue sur les matières premières – laquelle a bien fonctionné pour nous et dans laquelle nous maintenons une nette surpondération, rétablie mi-avril.

    Après une période de forte surperformance, nous avons renforcé notre position courte sur l’Europe. Les actions européennes à orientation cyclique sont confrontées à des difficultés dues au ralentissement de la croissance et à la hausse de l’inflation, à une BCE qui se concentre clairement sur l’inflation, à des risques géopolitiques et aux prévisions de bénéfices trop optimistes des analystes.

    Nos positions longues sont orientées vers le marché chinois. Nous considérons que le Japon offre des titres « value » de qualité, dans un contexte de politique intérieure favorable et des risques de hausse des prévisions de bénéfices du consensus. En Chine, les mesures sont également favorables dans un contexte de valorisations très intéressantes, notamment dans le secteur des technologies (voir ci-dessous).

    Défis et opportunités de la Chine

    Les marchés semblent désormais passer outre les défis à court terme, en partant du principe que les confinements liés à la pandémie de Covid-19 finiront par être levés et que l’activité redémarrera. Pékin a récemment cherché à tenir sa promesse de faire « tout ce qui est nécessaire » pour soutenir la croissance, et nous avons constaté une meilleure performance relative des actions chinoises.

    Nous avons identifié trois arguments en faveur d’une allocation tactique au marché chinois :    

    • Premièrement, les valorisations. Les actions chinoises restent inférieures de près d’un écart-type aux actions mondiales en termes de ratios cours/bénéfices prévisionnels. La décote est particulièrement nette dans le secteur des technologies.
    • Deuxièmement, des perspectives plus favorables. Nous nous attendons à une croissance solide des bénéfices : dans le secteur de la consommation discrétionnaire, par exemple, le consensus et la recherche de BNPP AM prévoient une hausse de 40 %. Par ailleurs, les signaux positifs de la part du marché sont restés inchangés. Nous notons la résilience des valeurs technologiques maintenant que la volonté de réglementer le secteur semble être révolue.
    • Troisièmement, l’inversion de la dynamique favorable du crédit en Chine tandis que les autres pays ont resserré leur politique monétaire. Cela devrait créer un environnement favorable aux entreprises chinoises.  

    La course à la hausse des rendements

    Les rendements nominaux des bons du Trésor américain à 10 ans ont franchi le seuil significatif de 3 % en mai pour la première fois depuis juillet 2018. Cette hausse est due à la forte augmentation des rendements réels, car les attentes d’un resserrement des mesures encore plus agressif de la part de la Fed afin d’atténuer les pressions inflationnistes ont été prises en compte. Les rendements réels / réels provisionnels à cinq ans ont augmenté pour se rapprocher de la « nouvelle normalité » apparue après la crise financière mondiale associée à une stagnation à long terme.

    Alors qu’un nouveau régime d’inflation plus élevée devrait entraîner une hausse des taux directeurs et des rendements à long terme, les mouvements immédiats du marché ont été intenses. Par conséquent, nous avons progressivement réduit notre sous-pondération de la duration.

    Selon nous, les anticipations inflationnistes peuvent encore augmenter – les dépenses de consommation personnelle de base (la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed) sont encore loin d’être au plus bas et l’inflation ne s’atténuera peut-être pas aussi rapidement. Nous pensons également que les primes à terme pourraient encore augmenter à mesure que la banque centrale intensifie ses mesures de lutte contre l’inflation, notamment le resserrement quantitatif (QT).

    Pour des raisons de valorisation, nous avons réduit nos positions courtes aux Etats-Unis et en Europe, tout en maintenant notre position courte sur les obligations souveraines japonaises. Mais fondamentalement, nous restons prudents sur les actifs à duration longue.

    Points de vue sur les classes d’actifs

    * Appétit pour / Aversion au risque –Données au 27 mai 2022 Les opinions reflètent celles du Comité d’investissement de l’équipe Multi-Asset de MAQS. En outre, d’autres opérations spécifiques/tactiques pourraient être mises en place.

    Avertissement

    Veuillez noter que les articles peuvent contenir des termes techniques. Pour cette raison, ils peuvent ne pas convenir aux lecteurs qui n'ont pas d'expérience professionnelle en matière d'investissement. Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.

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