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DEMAIN A LA UNE | – 4 Min

La directive MiF II et les préférences ESG : un changement de paradigme en Europe ?

By PIERRE MOULIN 21.04.2022

    La révision de la directive MiF II de l’Union européenne, qui entrera en vigueur en août prochain et obligera les sociétés de gestion d’actifs à évaluer les préférences des clients en matière de durabilité, définit de nouvelles priorités réglementaires qui auront un impact direct sur les professionnels du secteur en 2022 et au-delà.   

    À partir du 2 août prochain, les conseillers et distributeurs de produits financiers devront demander à leurs clients de préciser leurs préférences en matière de durabilité. Cette obligation, prévue dans le cadre de la politique européenne, vise à canaliser les capitaux vers les entreprises contribuant le plus à la transition vers une économie bas-carbone et inclusive.

    Selon nous, ce texte va clairement donner plus de pouvoir aux investisseurs et améliorer la transparence, dans un environnement réglementaire particulièrement dense, marqué par une lutte omniprésente contre l’écoblanchiment (greenwashing).

    Vers une construction de portefeuille plus « personnalisée »

    En plaçant le client au centre de notre approche, en lui permettant notamment d’exprimer ses choix d’investissement, nous pourrons vraiment personnaliser les portefeuilles, mais aussi harmoniser notre offre de produits ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

    Le questionnaire MiF utilisé pour recueillir les préférences d’investissement des clients et déterminer l’adéquation des produits aura un rôle majeur. Il porte notamment sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, l’alignement des produits sur la taxonomie européenne et les « externalités négatives des investissements ».

    Les réponses des investisseurs permettront de définir une offre de produits ciblée. Ce modèle « à la carte » constitue un défi majeur : faire coïncider leurs préférences avec les caractéristiques des fonds.

    Chaque distributeur doit établir un questionnaire. Les régulateurs seront néanmoins vigilants quant à l’interprétation de la législation : l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a récemment clarifié ce point en proposant les premières modalités d’un cadre prescriptif. Cette initiative est selon nous la bienvenue et devrait se traduire par des questionnaires harmonisés.

    Les nouveaux défis des sociétés de gestion d’actifs

    Dans ce nouveau contexte, le secteur de la gestion d’actifs joue un rôle essentiel : celui de proposer une offre complète correspondant à l’ensemble des profils d’investisseurs, non seulement en termes de préférences ESG, mais aussi d’appétence au risque, de diversification du portefeuille, de liquidité, etc.

    Les sociétés de gestion d’actifs doivent s’assurer que les fonds qu’elles proposent correspondent aux attentes des clients et des distributeurs. Conformément aux objectifs fixés, les fonds devront :  

    • limiter les impacts négatifs tels que les émissions de gaz à effet de serre ou l’inégalité salariale entre sexes
    • intégrer une proportion d’actifs définis comme « durables »
    • être en accord avec les objectifs de la taxonomie européenne, comme l’atténuation du changement climatique ou la protection des écosystèmes.  

    Actuellement, BNP Paribas Asset Management propose une gamme de produits intégrant des critères ESG présentant un actif sous gestion avec plus de 330 milliards d’euros (à fin décembre 2021) couvrant un large ensemble de secteurs et régions.

    Le déploiement des règles de la directive MiF 2 devrait accroître l’attractivité des fonds durables, mais nous devrons maintenir une allocation équilibrée du capital pour éviter toute concentration excessive des investissements.

    Données – Une première étape essentielle

    Dans le sillage de l’enthousiasme des investisseurs pour la finance durable, les régulateurs européens intensifient leurs efforts et tentent d’impliquer toutes les parties prenantes.

    En raison de l’introduction de la directive MiF II, les normes techniques réglementaires de « niveau 2 » s’appliqueront à partir du 1er janvier 2023. Ces normes détermineront en grande partie la manière dont les sociétés de gestion communiqueront sur les fonds relevant des Articles 8 et 9, en vertu du règlement SFDR. Ensuite, la directive sur le reporting en matière de durabilité des entreprises (CSRD), encore en discussion, cherche à inciter les entreprises à produire des reportings financiers et ESG à partir de 2024.

    Nous saluons ces réformes réglementaires, mais la chronologie des textes édictés aurait pu être plus judicieuse : Si les entreprises communiquent leurs données ESG de manière transparente et harmonisée, les gérants d’actifs peuvent les utiliser pour construire leur offre de fonds, et les distributeurs peuvent dans un second temps évaluer les préférences des investisseurs en matière d’investissement durable.

    Cette séquence nous oblige à collecter les données extra-financières des entreprises par d’autres moyens. Chez BNPP AM, nous utilisons depuis 2018 notre méthodologie de notation exclusive, qui couvre plus de 13 000 émetteurs, pour recueillir des données sur différents critères ESG, que nous complétons par des informations issues d’autres sources.

    La technologie – au cœur de la directive MiF II

    Pour définir l’allocation optimale d’un portefeuille en fonction des préférences ESG d’un investisseur, la technologie jouera un rôle essentiel pour collecter et traiter les données et s’assurer qu’elles sont bien prises en compte dans les stratégies de gestion.

    Les progrès technologiques seront également essentiels pour définir l’offre faite aux clients dans le cadre de la directive MiF II : Des algorithmes permettront de traduire les contraintes des questionnaires en portefeuilles optimaux répondant aux besoins des investisseurs.

    Enfin, la technologie a aussi une dimension pédagogique. Nous recommandons d’utiliser les canaux dématérialisés pour promouvoir une expérience rationalisée, simplifiée et connectée aux algorithmes de construction de portefeuille.

    Cette approche permettra d’allouer le capital de manière plus diversifiée et de mieux contrôler les risques, pour répondre aux défis de la durabilité.

    Perspectives

    Dans les années à venir, la mise en œuvre de la législation sur la finance durable sera un projet essentiel pour le secteur des services financiers. Nous saluons et contribuons aux démarches des régulateurs pour accroître la transparence des informations disponibles et nous aidons fréquemment les législateurs et les États à façonner les marchés sur lesquels nous investissons, ainsi que les règles qui guident et régissent le comportement des entreprises.

    Il reste encore du travail, notamment pour améliorer la qualité et l’accès aux données ESG des entreprises. Nous sommes convaincus que la directive MiF II et d’autres réglementations seront sources d’une normalisation accrue au profit des clients.

    Gardons à l’esprit que cette tendance va bien au-delà d’un nouveau cadre juridique. Il s’agit d’une évolution majeure vers la réallocation du capital vers la transition écologique et les enjeux sociaux. A l’image de toute rupture, la transition se fera sur la durée et nécessitera l’aide de toutes les parties prenantes, à savoir les distributeurs, les sociétés de gestion d’actifs, les régulateurs et, bien sûr, les investisseurs.

    Avertissement

    Veuillez noter que les articles peuvent contenir des termes techniques. Pour cette raison, ils peuvent ne pas convenir aux lecteurs qui n'ont pas d'expérience professionnelle en matière d'investissement. Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.

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