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SUJETS D’ACTUALITé | – 6 Min

Cette semaine sur les marchés - Les banques centrales resserrent leur politique monétaire

By ANDREW CRAIG 21.07.2022

    Les conditions financières sont en train de se durcir : la BCE vient de relever ses taux directeurs pour la première fois depuis 2011. Nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale américaine relève le taux des fonds fédéraux de 0,75 % lors de sa prochaine réunion des 26 et 27 juillet. Dans ce contexte, les investisseurs ont les yeux rivés sur les bénéfices des entreprises engrangés au deuxième trimestre.    

    La saison des résultats du 2ème trimestre est lancée

    Dans un contexte décrit par la dernière enquête sur les investisseurs institutionnels menée par Bank of America comme marqué par un « niveau désastreux de pessimisme des investisseurs », la saison des résultats du deuxième trimestre a commencé.

    Au cours d’une semaine ponctuée par relativement peu de chiffres économiques, les publications de bénéfices ont été le principal moteur du marché actions. Seules 7 % des entreprises ont publié leurs bénéfices, la saison des résultats venant à peine de commencer.

    Malgré le sentiment négatif qui domine, le marché semble avoir accueilli ces résultats en voyant le verre à moitié plein. L’indice S&P 500 a progressé de 4,16 % au cours des cinq derniers jours.

    L’espoir étant éternel chez les investisseurs, ceux-ci misent sur l’idée que les bénéfices des entreprises se maintiendront et que la Réserve fédérale s’abstiendra de procéder à un resserrement monétaire très agressif. D’où peut-être une note plus positive dans un marché se préparant pourtant à de mauvaises nouvelles.

    Le nombre d’entreprises ayant publié leurs résultats atteindra un sommet au cours de la semaine commençant le 25 juillet. Ce sont en effet près de 200 entreprises des indices STOXX 600 et S&P 500 qui devront faire part de leurs bénéfices.

    Le FOMC se réunit les 26 et 27 juillet

    Les responsables de la Réserve fédérale, s’exprimant après la publication de prix à la consommation plus élevés que prévu aux États-Unis en juin (inflation américaine ayant atteint 9,1 % au cours de l’année écoulée, soit son niveau le plus élevé depuis 1981), ont une nouvelle fois laissé entrevoir un relèvement de 75 points de base des taux directeurs lors de la réunion du Federal Open Markets Committee (FOMC) qui se tiendra la semaine prochaine, les 26 et 27 juillet. Une certaine incertitude entoure cependant les prochaines publications de statistiques.

    Les chiffres des ventes au détail aux États-Unis en juin sont ressortis légèrement supérieurs aux attentes des analystes (compte tenu des révisions du mois précédent, les ventes du groupe témoin ont dépassé le consensus de 0,20 %).

    Sur le front de l’inflation, l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan a révélé que les consommateurs américains s’attendaient à une inflation de 2,8 % sur un horizon de cinq ans (soit moins que le consensus de 3,0 %). En baisse par rapport au chiffre de juin (3,1%), il s’agit du taux d’inflation prévisionnel le plus bas depuis un an.

    Ce recul est d’une ampleur significative, annulant toutes les révisions haussières des anticipations de prix enregistrées au cours de l’année écoulée. Cela souligne probablement à quel point les ménages américains fondent leurs anticipations d’inflation sur les prix des carburants. Cette surprise à la baisse renforce selon nous les arguments en faveur d’un relèvement des taux directeurs de 75 points de base en juillet.

    Premier relèvement des taux par la BCE depuis 2011

    À l’occasion de sa dernière réunion, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs pour la première fois depuis 2011. Ce relèvement de 50 points de base, d’une ampleur plus importante qu’attendu, a soutenu l’euro qui, ces derniers jours, s’était déprécié jusqu’à atteindre la quasi-parité avec le dollar américain (voir Graphique 1 ci-dessous).

    Dans son communiqué de presse, la BCE a déclaré qu’elle avait jugé approprié de faire un premier pas plus important que prévu sur la voie de la normalisation de ses taux directeurs, en raison d’une inflation plus élevée qu’anticipé et de la nécessité de soutenir son nouveau programme d’achat d’obligations.

    Le taux de dépôt de la BCE passera ainsi de -0,5 % à 0 %, celui des opérations principales de refinancement de 0 % à 0,50 %, et celui de facilité de prêt marginal de 0,25 % à 0,75 %.

    Ce relèvement des taux directeurs intervient à un moment délicat. Le Premier ministre italien Mario Draghi vient en effet de démissionner, mettant fin à un gouvernement d’unité nationale formé pour s’attaquer à des réformes impopulaires et créant un vide à un moment où les défis économiques apparaissent compliqués. On s’attend maintenant à ce que le président Sergio Mattarella dissolve le parlement et annonce la tenue d’élections anticipées. 

    La démission de Mario Draghi a alimenté un mouvement de vente de la dette italienne, le rendement de l’emprunt d’État italien à 10 ans ayant augmenté de 22 points de base pour atteindre 3,6 %. Ce mouvement a porté le spread entre les rendements de référence italiens et allemands à 2,33 %, soit un écartement d’environ 30 points de base au cours des deux derniers jours.

    Mécanisme de protection de la transmission

    Comme prévu, la BCE a annoncé lors de la réunion du jour le lancement de son nouvel outil anti-fragmentation, qui sera utilisé pour limiter la divergence entre les coûts d’emprunt des États membres de la zone euro.

    Il est probable que les marchés financiers cherchent désormais à en savoir plus sur la manière dont cet outil sera utilisé. Plus l’outil sera puissant et crédible, plus la probabilité que la BCE doive l’utiliser sera faible.

    Le maintien d’un contrôle des spreads permet à la BCE d’apporter le degré approprié d’assouplissement pour l’ensemble de la zone euro, tout en conservant une transmission homogène de sa politique monétaire.

    Gaz

    Selon Bloomberg, le président russe Vladimir Poutine a laissé entendre le 20 juillet que l’Europe recommencera à recevoir du gaz par le gazoduc Nord Stream 1 après la fin de l’opération de maintenance prévue le 21 juillet. Cependant, le débit reviendrait au mieux à 40 % de la capacité qui prévalait jusqu’au 11 juillet. Ce chiffre pourrait tomber à seulement 20 % à la fin du mois de juillet, à moins que le différend sur les composants faisant l’objet d’un embargo ne soit résolu.

    Les stocks de gaz sont restés globalement stables en Allemagne et dans l’Union européenne (les niveaux se situant autour de 64 % de leur capacité maximale[GR1] ). S’il semble peu probable que nous assistions à un retour aux niveaux d’avant-guerre (ou même du mois de mai) des exportations de gaz russe vers l’UE, une augmentation de ces exportations au-delà des niveaux observés ces dernières semaines semble désormais probable.

    L’incertitude actuelle entourant l’approvisionnement en gaz pèse sur les perspectives économiques de l’Europe. L’incertitude elle-même pénalise les investissements des entreprises et leurs intentions d’embauche, tandis que la hausse des prix de l’énergie réduit le pouvoir d’achat des ménages.

    Nous anticipons que la croissance de la zone euro restera faible jusqu’au milieu de l’année 2023 pour les raisons suivantes :  

    1. Contraction du revenu disponible due à la forte inflation
    2. Chocs en cours
    3. Faiblesse de la demande mondiale
    4. Échanges commerciaux dégradés
    5. Resserrement des conditions financières.   

     Un arrêt des importations de gaz déclencherait selon nous une véritable récession.

    Ce qu’il faudra surveiller la semaine prochaine

    Outre la poursuite de la saison des résultats et la réunion du FOMC, la semaine prochaine sera marquée par la publication, le 28 juillet, de l’estimation anticipée de la croissance du PIB américain pour le deuxième trimestre 2022.

    Si les chiffres révèlent une croissance négative (nous ne pensons pas que ce sera le cas), cela signifierait que les États-Unis sont entrés en récession au premier semestre 2022 (en vertu de la définition généralement utilisée en Europe selon laquelle deux trimestres consécutifs de croissance négative s’apparentent à une récession).

    Aux États-Unis, en revanche, c’est un comité relevant du National Bureau of Economic Research (NBER) qui détermine si l’économie est en récession sur la base de différents indicateurs. La définition traditionnelle par le NBER d’une récession est la suivante :

    « une période de faiblesse suffisamment généralisée de l’activité économique qui entraîne une détérioration marquée du marché du travail, nécessitant généralement une réponse significative de politique économique. »

    Même si les chiffres du PIB américain devaient se traduire par une croissance négative sur chaque trimestre de la première moitié de l’année 2022, il est très peu probable que le comité du NBER conclue[GR2]  à une récession. Depuis le début de l’année, l’économie américaine [GR3] a créé plus de 300 000 emplois par mois. Ce n’est pas le signe d’une économie en récession.

    En outre, les chiffres du PIB pour le deuxième trimestre seront sujets à révision et les révisions sont souvent d’ampleur. Par conséquent, le comité du NBER a tendance à attendre en moyenne près d’un an avant d’annoncer les points de retournement du cycle économique américain.

    Selon nous, une inflation élevée impliquera un relèvement significatif des taux directeurs américains. La politique budgétaire sera un frein et les conditions financières mondiales sont en train de se resserrer. Par conséquent, nous nous attendons à ce que le chômage commence à augmenter au cours du second semestre de 2023, ce qui devrait s’accompagner d’une récession modérée semblable à celle de 2001.

    Avertissement

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