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L’importance économique de l’investissement durable

Investment strategy

BNP Paribas Asset Management
 

Quelle allocation d’actifs face aux enjeux de demain ?

  • Le reflux du commerce mondial est un mouvement durable
  • Les risques associés doivent être surveillés mais offrent aussi des opportunités pour se positionner sur les marchés
  • Autour du scénario central, plutôt favorable, l’inflation peut surprendre à la hausse et la croissance à la baisse
  • La pollution et le changement climatique : un défi pour les gérants d’actifs

 

 

Considérer les risques commerciaux

Depuis début mai, les risques géopolitiques sont à nouveau au premier plan des préoccupations des investisseurs alors que les tweets, les déclarations, les menaces et les rencontres au sommet ont rythmé l’actualité et provoqué des mouvements erratiques sur les marchés financiers. S’il n’est pas question d’essayer de prévoir les prochains rebondissements sur le front commercial, nous nous sommes malgré tout forgé une opinion sur le fond de la question et la succession des événements depuis les premières escarmouches en mars 2018 valide, jusqu’à présent, notre cadre d’analyse.

D’une part, protester contre l’hégémonie chinoise en matière de commerce mondial (et contre certaines pratiques qui y sont associées) peut être justifié par le poids grandissant de la Chine dans la production manufacturière mondiale. D’autre part, ce thème de la « démondialisation », toute relative puisqu’il ne s’agit pas de remettre en cause plus de quarante ans de réorganisation des circuits de production à l’échelle mondiale, devrait rester présent dans les prochaines années. Les périodes de hautes et basses tensions devraient se succéder au gré des commentaires des parties en présence. Rappelons que dénoncer les pays exportateurs est une figure de style habituelle des dirigeants américains : dans les années 80 et 90, le Japon, alors considéré comme le fossoyeur de l’industrie automobile locale, était régulièrement pointé du doigt. Alors qu’il est officiellement candidat à sa réélection, Donald Trump a franchi un pas supplémentaire fin mai en liant échanges commerciaux avec le Mexique et immigration illégale. Le thème de la mondialisation qui menace les populations les plus fragiles d’un pays, ou celles qui se perçoivent comme telles, va rester un enjeu de politique intérieure dans la plupart des pays développés.

Les banques centrales à la manœuvre

L’attitude des banques centrale, en particulier celle de la Réserve fédérale américaine (Fed), a changé depuis le début de l’année et les investisseurs se sont réjouis de cette inflexion vers une posture plus accommodante. Les actions et les marchés obligataires ont progressé de concert. La seconde quinzaine de juin a réservé à cet égard de bonnes surprises. Mario Draghi a ouvert le bal le 18 juin en laissant entendre que la Banque centrale européenne (BCE) envisageait de nouvelles mesures d’assouplissement de sa politique monétaire, potentiellement une reprise des achats de titres (assouplissement quantitatif). Début juin, il avait déjà indiqué que les taux directeurs allaient rester à leur niveau actuel jusqu’à la fin du premier semestre 2020 au moins. Le 19 juin, les conclusions du FOMC (Federal Open Market Committee) sont apparues elles aussi positives aux yeux des investisseurs en actions. En indiquant que face à l’aggravation des incertitudes (tensions commerciales et croissance mondiale) la Fed « agira pour soutenir l’expansion », Jerome Powell a validé les fortes attentes de baisse des taux directeurs présentes dans les marchés à terme.

Cet engagement de la Fed est important, les périodes de pause dans les phases de resserrement de la politique monétaire pouvant être associées historiquement à une hausse des actions (dans la plupart des cas) et des obligations gouvernementales (cf. graphique ci-dessous). La période de pause observée entre décembre 2015 et décembre 2016 fait figure d’exception : le 16 décembre 2015, Janet Yellen avait annoncé l’abandon de la politique de taux zéro en vigueur depuis fin 2008 et, même s’il lui a fallu un an pour procéder à une deuxième hausse, la poursuite de la normalisation ne faisait pas de doute, ce qui explique la contreperformance des obligations.

Exhibit 1 : Performances totales annualisées en %

L’importance économique de l’investissement durable

Sources: Bloomberg et BNP Paribas Asset Management, données au 19 juin 2019

Les fondamentaux économiques ne doivent pas être négligés

Le comportement passé des actifs peut apporter des informations mais les décisions tactiques d’allocation d’actifs doivent prendre en compte d’autres éléments. Notre scénario économique de référence est celui d’une croissance mondiale modérée, moins dynamique qu’en 2017 et 2018, et sans pressions inflationnistes excessives. La demande intérieure paraît toujours solide aux Etats-Unis et de nature à soutenir l’activité des entreprises. Certains marchés financiers reflètent des risques de récession d’une façon qui nous paraît excessive. Dans la zone euro, les enquêtes d’activité semblent sous-estimer la croissance du PIB (+0,4 % au 1er trimestre). Le reflux des anticipations inflationnistes reflétées dans les marchés est vraisemblablement à l’origine des commentaires très accommodants de Mario Draghi en juin. Ils ont largement contribué à faire oublier aux investisseurs le risque « Italie » lié à une situation politique confuse génératrice de tensions avec la Commission européenne autour du respect du pacte de stabilité.

Dans cet environnement a priori favorable (croissance modérée, faible inflation, politiques monétaires accommodantes), le recul des marchés boursiers en mai nous est apparu comme une opportunité d’achat tactique sur les actions américaines et européennes. Début juin, nous avons renforcé cette position acheteuse par l’utilisation d’options. Les risques baissiers (politiques ou économiques) sont, bien sûr, élevés et ne doivent pas être négligés, ils semblent toutefois pouvoir être maîtrisés, en particulier sur le front commercial à court terme. Dans le même temps, l’inflation est modeste, ce qui permet aux banques centrales de patienter.

Cette combinaison de croissance modérée, d’inflation faible et de politiques monétaires accommodantes présente une configuration « idéale » baptisée « Goldilocks » en référence au conte où Boucles d’Or après avoir goûté une soupe trop chaude puis une autre trop froide découvre enfin une soupe « juste comme il faut ». Après dix ans de politiques monétaires exceptionnelle, Boucles d’Or apparaît toutefois un peu fragile et risque d’être associée à une volatilité plus élevée que, par exemple, au second semestre 2017.

Exhibit 2 : « Boucles d’Or » se sent un peu faible et plusieurs dangers la menacent

L’importance économique de l’investissement durable

Sources: Bloomberg, BNP Paribas Asset Management, données au 19 juin 2019

Un thème pour les allocataires d’actifs : la transition économique en Chine

La Chine représente aujourd’hui presque le tiers des émissions mondiales de CO2, ce qui n’était pas vrai jusqu’à la fin du 20e siècle. Ce phénomène est le résultat du modèle de développement adopté par la Chine et de son industrialisation. Depuis 1970, le PIB/habitant a progressé de 600 % et les émissions de CO2 de 500 %. La révolution industrielle dans les pays développés avait débouché sur une progression du PIB/habitant de 400 % et d’une hausse de 500 % des émissions de CO2.

Le nouveau modèle économique que cherchent à mettre en place les autorités chinoise, davantage axé sur le développement des services et de la technologie plutôt que l’industrie traditionnelle, devrait permettre d’inscrire la Chine sur un sentier de croissance plus équilibrée et, de ce fait, moins polluante. L’évolution de la composition sectorielle de l’indice MSCI Emerging montre que cette transition est déjà à l’œuvre : le poids de la technologie a très nettement augmenté entre 1995 et 2018 tandis que le poids des « matériaux de base » est passé de 25 % à 7 % environ dans le même temps.

 

Ces considérations, qui renforcent la pertinence de l’engagement de BNP Paribas Asset Management en faveur de l’ESG, nous ont amenés à proposer au sein de notre gamme de fonds diversifiés une stratégie regroupant nos fonds thématiques et environnementaux à laquelle nous appliquons bien évidemment nos décisions en matière d’allocation d’actifs.

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