BNP AM

L'investisseur durable d'un monde qui change

Alors que la finance durable s’affranchit petit à petit des notations ESG[1] et de la gestion des risques, les investisseurs sont de plus en plus friands d’outils permettant d’aligner leurs investissements avec un avenir véritablement durable. La fintech danoise Matter et BNP Paribas Asset Management ont développé une base de données qui permet d’analyser de manière détaillée et prudente le degré d’alignement des revenus de plus de 53 000 entreprises sur les ODD des Nations unies.[2] Cette nouvelle offre a été baptisée SDG Fundamentals.   

Pour marquer le lancement de SDG Fundamentals, Lise Pretorius de Matter et Berenice Lasfargues de BNPP AM nous expliquent pourquoi il est crucial d’améliorer les données portant sur la contribution des investissements aux 17 Objectifs de Développement Durable des Nations unies et ce qui peut être fait pour combler le « déficit des données relatives aux ODD ».   

Les ODD sont pour l’humanité le meilleur équivalent d’une feuille de route officielle permettant d’assurer un avenir durable pour tous. Ils constituent un vaste ensemble d’objectifs ambitieux pour lutter contre les inégalités, mettre fin à la pauvreté et à la faim et s’attaquer au changement climatique, tout en encourageant des issues économiques justes et inclusives.

Lorsque les ODD ont été publiés en 2015, le délai pour les atteindre avait été fixé à 2030, pour un coût estimé entre 5 000 et 7 000 milliards de dollars par an. Pourtant, depuis 2015, ils ont été sous-financés à hauteur de 2 500 à 3 500 milliards de dollars par an.

Le secteur privé devrait apporter une contribution substantielle, via le biais des mécanismes de marché conventionnels. Pour cela, les investisseurs institutionnels devront rediriger des liquidités importantes loin des activités qui ne sont pas alignées avec les ODD afin de les utiliser pour soutenir les entreprises produisant des biens et des services qui nous rapprochent de l’objectif 2030.

Parallèlement, les stratégies axées sur les approches ESG et la finance durable ont bénéficié d’une collecte très généreuse : Selon la Global Sustainable Investment Review, 35 300 milliards de dollars sont gérés dans le cadre de solutions durables depuis de 2020.

Cependant, comme les derniers rapports du GIEC l’ont malheureusement démontré, toutes les parties prenantes – publiques et privées – ne prennent pas les mesures nécessaires pour s’adapter et atténuer les conséquences du dérèglement climatique. En outre, la Covid-19 a mis en exergue les inégalités mondiales, le taux de pauvreté mondial étant passé de 7,8 % à 9,1 % dans le sillage de la pandémie.

Selon certaines estimations, loin de se réduire, l’écart de 2 500 milliards de dollars se creuse. Comme l’a bien résumé Marcos Athias Neto, directeur du Forum de la Finance durable du PNUD

« Si la gestion ESG pouvait sauver le monde, le déficit de financement des ODD devrait diminuer plutôt qu’augmenter et nous devrions déjà avoir largement atteint les ODD. » 

Pourquoi le secteur de la finance ne contribue-t-il pas plus aux ODD des Nations unies ? 

Il y a plusieurs raisons à cela, et en particulier des dispositifs incitatifs mal alignés et l’absence de normes claires et comparables. On observe toutefois un manque de données adéquates permettant aux investisseurs de comprendre comment les entreprises qu’ils financent contribuent à la réalisation des ODD ou nous en éloignent.

Cette situation est due en grande partie à la nature même des ODD. Ces principes n’ont pas été instaurés pour constituer un cadre d’investissement et les objectifs sous-jacents sont souvent qualitatifs et intangibles, et donc difficiles à mesurer et à comparer.

Au final, les méthodologies cherchant à mesurer l’alignement des émetteurs avec les ODD peuvent être très différentes pour déterminer les investissements les plus propices. La rigueur et la prudence sont de mises pour comprendre comment les investissements s’alignent sur les objectifs, a fortiori s’il faut les atteindre d’ici 2030.

Réduire l’insuffisance des données relatives aux ODD permet de libérer des opportunités

La réalisation des ODD répond à un impératif éthique clair : le moindre échec menace la prospérité à long terme de la planète, ainsi que celle des générations actuelles et futures qui l’habitent.

Sans parler des opportunités commerciales et réglementaires à exploiter. Selon les Nations Unies, privilégier les investissements dans les ODD pourrait créer des opportunités d’une valeur proche de 12 000 milliards de dollars et 380 millions d’emplois par an d’ici 2030.

En outre, les régulateurs mettent davantage l’accent sur ce qui est considéré être un investissement durable – la transparence à ce sujet est désormais requises en vertu du règlement européen sur la divulgation des informations relatives à la finance durable (SFDR ) et de la deuxième directive sur les marchés d’instruments financiers (MiFID II).

Comment combler ce fossé ? Présentation des SDG Fundamentals

SDG Fundamentals est une solution d’analyse des données permettant de décrypter l’alignement des différents flux de revenus générés par les entreprises sur les ODD.

Graphique 1 : SDG Fundamentals évalue si les différents flux de revenus d’une entreprise sont alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies – l’image montre un exemple (chaque point coloré représente un ODD)

Source : Matter, BNP Paribas Asset Management, juin 2022

En analysant les chiffres d’affaires, SDG Fundamentals ne tient pas compte du marketing ESG qu’un entreprise pourrait mettre en place mais s’intéresse plutôt à l’impact concret que celle-ci pourrait avoir, à savoir les produits et les services qu’elle vend.

Mis à jour mensuellement et couvrant plus de 53 000 entreprises, cet outil fournit aux investisseurs une vision claire de l’interaction entre les investissements et chaque ODD et leur niveau global.

La solution SDG Fundamentals se différencie des autres indicateurs relatifs à l’alignement sur les ODD de trois manières principales :  

  1. Chacun des flux de revenus détaillés d’une entreprise sont analysés pour leur alignement sur les ODD –  certains peuvent simplifier à l’extrême une activité économique, par exemple en supposant que les entreprises du secteur de la santé contribuent toujours à la « bonne santé et au bien-être » (ODD 3). La réalité est souvent plus nuancée.
  2. Les activités économiques peuvent être alignées ou non sur les ODD – Par exemple, une entreprise qui produit des fruits peut aller dans le sens de l’ODD 2 « Faim zéro », tout en ayant potentiellement un impact négatif sur l’ODD 15, « Vie terrestre ».
  3. Notre solution évalue les 17 ODD –  Nous estimons que chacun des 17 ODD peut servir de support d’investissement (mais pas  tous les 169 objectifs sous-jacents). Elle détermine des résultats concrets d’alignement/de non-alignement pour tous les ODD.
  4. Prudent et réaliste –  Notre approche détermine l’alignement/le non-alignement en fonction des 169 cibles et indicateurs sous-jacents des ODD, plutôt que de s’appuyer sur des « thèmes » d’investissement. Lorsque les informations ne sont pas suffisantes, l’activité est classée comme « potentiellement alignée (ou « potentiellement désalignée »).  

Voici un exemple : sur la base de données existantes concernant l’alignement des revenus sur les ODD, une entreprise américaine du secteur de la santé a été considérée comme alignée à 100 % sur les ODD. Nous avons analysé ce score en appliquant notre approche SDG Fundamentals et avons constaté que, par exemple, 10 % de ses revenus étaient liés à des produits de nettoyage ayant un impact potentiellement néfaste sur la vie sur terre et sous l’eau.

Cette démarche montre que certaines activités ne sont pas alignées sur les ODDG. Nous pensons toutefois qu’il ne s’agit que du début du chemin à parcourir pour comprendre la relation entre les entreprises, les investissements et les ODD. Les revenus sont l’une des façons permettant d’envisager un alignement sur les ODD. Autre solution, suivre l’actualité d’une entreprise en lien avec les ODD ou son comportement.

Certains outils comme SDG Fundamentals peuvent combler le manque de données relatives aux ODD et susciter davantage d’investissements vers des entreprises contribuant de manière significative à atteindre les ODD des Nations unies d’ici 2030.


Vous pouvez vous inscrire pour une démonstration via le site Internet de Matter si vous souhaitez en savoir plus sur la solution SDG Fundamentals et comprendre comment nous intégrons ces informations dans les décisions d’investissement.


[1] Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance  

[2] Objectifs de développement durable ; plus d’informations sur https: //sdgs.un.org/goals

Avertissement

Veuillez noter que les articles peuvent contenir des termes techniques. Pour cette raison, ils peuvent ne pas convenir aux lecteurs qui n'ont pas d'expérience professionnelle en matière d'investissement. Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de la publication, sont fondées sur les informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion de portefeuille peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement différentes pour différents clients. Le présent document ne constitue pas un conseil en investissement. La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la baisse comme à la hausse, et les investisseurs sont susceptibles de ne pas récupérer leur investissement initial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints sont susceptibles d'afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d'un haut degré de concentration, d'incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d'informations disponibles, de la moindre liquidité ou d'une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques). Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent être plus risqués.