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Allocation d’actifs: trêve commerciale et démondialisation

Investment strategy

BNP Paribas Asset Management
 

Les tensions commerciales continuent de jouer le rôle de baromètre pour les marchés. Les Etats-Unis et la Chine étant engagées dans une lutte pour la suprématie, la mondialisation pourrait faire marche arrière. Dans de tels moments, les investisseurs devraient construire des portefeuilles robustes, en intégrant des positionnements défensifs et des couvertures.

  • Les mesures de relance chinoises pourraient représenter de bonnes nouvelles pour les marchés émergents
  • Les négociations commerciales à venir doivent être suivies étroitement
  • Compte tenu de la confrontation commerciale toujours en vigueur, une approche tactique des actifs risqués s’impose

Si, à court terme, la « trêve commerciale » conclue entre les Etats-Unis et la Chine lors de la récente réunion du G20 est favorable aux marchés, à plus long terme, les risques liés à la lutte de pouvoir entre les deux principales économies mondiales devraient continuer d’osciller le long d’une trajectoire de démondialisation à moyen et long terme.

En tant que telles, les tensions commerciales font partie des risques dont nous pensons qu’ils justifient de qualifier de « Boucles d’Or fragiles » l’état actuel de l’économie mondiale. En termes d’allocation d’actifs, ceci conforte notre opinion selon laquelle il est absolument fondamental de construire des portefeuilles robustes, lesquels intègrent des positions défensives et des couvertures.

Les tensions sino-américaines ont culminé à la fin du mois de mai, lorsque l’administration Trump a imposé des droits de douane de 25% sur les marchandises chinoises, menaçant d’apposer des droits de douane sur davantage d’importations américaines en provenance de Chine et restreignant l’accès au marché américain à la société technologique Huawei. La Chine a par la suite réduit son approvisionnement de métaux rares destiné aux Etats-Unis, suspendu ses commandes de soja américain, limité les achats de gaz américain et dressé une liste d’organisations étrangères « non fiables », nuisibles aux intérêts chinois.

La politique commerciale américaine a ensuite été étendue au-delà de la Chine, au Mexique, afin de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il stoppe le flux de migrants entrant aux Etats-Unis. Au début du mois de juin, à l’issue d’un accord, les droits de douane programmés ont été toutefois suspendus. Plus tard au cours de ce même mois, de bonnes nouvelles supplémentaires sont apparues. Au cours de la réunion du G20, les présidents Trump et Xi ont, en effet, conclu une « trêve/un cessez-le-feu » concernant de nouveaux droits de douane et de nouvelles négociations et les Etats-Unis ont levé les restrictions imposées à Huawei.

« Boucles d’or »: pas de secousses enregistrées jusqu’à présent

Alors que le scénario idéal de « Boucles d’Or » (« Goldlilocks ») semble prédominer au milieu de la cacophonie émanant des échanges internationaux, avec une stabilisation de la croissance mondiale et une politique monétaire devenant accommodante, il serait naïf de croire que les tensions commerciales ne secoueront plus les marchés.

De manière encourageante, le contexte intérieur aux Etats-Unis est resté sain, mais les secteurs liés aux échanges commerciaux, tels que le secteur manufacturier représentent des maillons faibles : ils ont été et sont menacés par les tensions sino-américaines. De façon encourageante pour les marchés, la Chine a assoupli sa politique monétaire et des indicateurs tels que le « Credit Impulse » (l’évolution des flux de crédit) s’est redressé. Par ailleurs, à défaut d’une escalade dans le conflit commercial, les étoiles pourraient bien être en train de s’aligner pour les actifs des pays émergents, en raison du plan de relance chinois. Ce dernier pourrait également représenter un moteur important pour les économies développées.

Nous notons qu’il existe des enjeux entre la Chine et les Etats-Unis s’étendant au-delà du commerce international, lesquels impliquent une lutte pour le pouvoir à l’échelon mondial à moyen et à long terme pouvant conduire à une inversion des forces de mondialisation des décennies passées. A l’évidence, après la trêve du G20, nous nous trouvons actuellement dans une phase d’apaisement à court terme en matière de guerre commerciale (cf. graphique 1). Ceci devrait être favorable aux actifs risqués à court terme, mais une trêve n’est pas un accord. Les négociations à venir devront être suivies de très près dans les prochains mois.

Graphique 1: La dynamique de dé-mondialisation devrait osciller en poursuivant une tendance baissière

Ex 1

Source: BNPP AM, au 28/06/2019

Négociations commerciales intermittentes: attendez-vous à une volatilité accrue

De manière intéressante, la perception par le marché du risque lié à la guerre commerciale a globalement suivi notre modèle schématique d’oscillation. Le graphique 2, comparant les articles d’actualités de Bloomberg mentionnant la guerre commerciale et l’indice de la volatilité des actions VIX, montre qu’à mesure que le marché s’est concentré sur le risque commercial, la volatilité à bondi, mais que, de la même manière, elle s’est estompée à mesure que l’attention s’est déplacée.

La situation entre les Etats-Unis et la Chine restant indécise, nous pensons que cette tendance devrait se poursuivre dans un avenir proche et sommes ainsi enclins à utiliser ces oscillations pour prendre des positions sur les marchés de manière tactique sur la base de nos convictions fondamentales. Le mois dernier, par exemple, nous avons rajouté du risque de marché via un positionnement acheteur sur les actions des pays développés lors d’un repli causé par les craintes de guerre commerciale.

Graphique 2: Changement dans la perception par les marchés du risque de guerre commerciale

Ex 2

Source: Bloomberg et BNPP AM, au 28/06/2019

A la recherche de valorisations intéressantes, tout en restant défensifs (et alertes)

Le soulagement sur le front commercial peut libérer de la valeur. Ainsi, nous avons acheté des actions sur les marchés développés lors d’un repli du marché induit par l’angoisse d’une guerre commerciale. Ceci résume notre modus operandi vis-à-vis des actifs risqués – nous sommes acheteurs en cas de repli, mais comptons bien réduire le risque de marché lors de rebonds excessifs. En d’autres termes, une approche tactique des actifs risqués s’impose.

Dans la mesure où nous considérons que la « vieille Chine » est défiée par des forces protectionnistes qui vont perdurer, les économies axées sur les exportations devraient être soumises à des tensions. L’économie allemande, dominée par le commerce international, étant plus exposée à la démondialisation que la France, nous limitons notre exposition à une escalade importante dans les tensions commerciales en étant acheteur sur l’indice boursier français CAC 40 et vendeur sur l’indice allemand DAX.

En tant que couverture alternative par rapport à un regain de tensions, nous avons également un positionnement vendeur sur un panier de devises asiatiques face au dollar américain.


 

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