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Gagner en efficacité. Maximiser les opportunités.

L’optimisation consiste à tirer le meilleur parti d’une situation ou d’une ressource.

À l’heure actuelle, nous utilisons les ressources naturelles de la planète sans nous préoccuper vraiment de la provenance de nos aliments, de la quantité d’énergie utilisée et de la manière dont nous pouvons minimiser nos déchets.

Cette situation n’est désormais plus viable et la nécessaire transition vers un mode de vie plus optimal créera d’importantes opportunités d’investissement à mesure que les habitudes de consommation, l’utilisation de l’énergie et les pratiques industrielles seront radicalement transformées.

Le dépassement des ressources de la Terre

L’activité humaine met depuis longtemps la biodiversité en péril. Notre modèle économique « prendre, fabriquer, jeter » a un effet déstabilisant sur la qualité de l’air et de l’eau, sur l’utilisation des sols et sur le climat.

L’impact causé par le fait de vivre au-delà des ressources de notre planète a été quantifié par le « Jour du dépassement » — la date à laquelle la demande de ressources et de services écologiques au cours d’une année donnée excède ce que la Terre peut régénérer au cours de cette même année. En 2023, le Jour du dépassement est tombé le 2 août, une date qui arrive de plus en plus tôt chaque année alors que nous ne parvenons toujours pas à remédier à ce problème. De toute évidence, cette situation n’est pas optimale.

Elle a également de sérieuses implications pour les investisseurs. Les études montrent que 55 % du PIB mondial est soumis à des risques naturels importants et que la chaîne de valeur de tous les secteurs économiques dépend d’une manière ou d’une autre de la nature. Parmi les secteurs les plus exposés, on retrouve l’énergie, l’exploitation minière, les services aux collectivités ainsi que l’alimentation et les boissons. La perte de biodiversité peut non seulement avoir un impact direct sur les entreprises, mais les risques qui y sont associés, tels que les procédures judiciaires et les changements réglementaires, peuvent également avoir un impact financier important.

S’il est peu probable que nos habitudes économiques changent du jour au lendemain, des efforts peuvent être faits pour réduire l’empreinte de l’humanité sur la biodiversité. Le fait de dissocier croissance économique et utilisation des ressources permettrait de créer un modèle économique plus circulaire, un système résilient dans lequel les matériaux peuvent être recyclés, réutilisés ou réaffectés au lieu d’être mis au rebut. Dans ce monde circulaire, générer des gains d’efficacité est indispensable : il s’agit non seulement de recycler davantage de déchets, mais aussi de tirer un meilleur parti de ce que nous recyclons, d’utiliser des solutions de mobilité électrique, d’adopter des produits numériques et de réduire les emballages (en particulier le plastique).

Une optimisation du système économique implique des pratiques industrielles vertueuses, une moindre pression sur les ressources et une stimulation de la croissance économique par la création d’emplois, générant ainsi de la valeur pour les investisseurs.

L’équation de l’efficacité énergétique

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) considère l’efficacité énergétique comme le « premier carburant » de la transition vers des énergies propres. Sa définition de l’efficacité énergétique tient non seulement compte de la façon dont nous produisons l’énergie, mais aussi de la façon dont nous l’utilisons. Dès lors, il faut non seulement que notre système énergétique s’éloigne des combustibles fossiles, ce qui est indispensable pour atteindre les objectifs « zéro émission », mais aussi qu’il soit accompagné d’autres mesures, telles qu’une plus grande électrification des systèmes de transport, une évolution des comportements et une modification des pratiques industrielles.

Avant toute chose, la manière dont nous produisons de l’énergie n’est pas optimale. Les combustibles fossiles sont bien évidemment nocifs pour l’environnement, mais qui plus est, en raison de l’énergie et de la main-d’œuvre nécessaires à leur extraction, seule une partie de leur potentiel énergétique d’origine est effectivement convertie en électricité. Puisque les énergies renouvelables proviennent d’éléments naturels et inépuisables, tels que le vent, le soleil ou l’eau (dans le cas de l’hydroélectricité), leur taux de conversion est beaucoup plus élevé. À titre d’exemple, seulement 29 % de l’énergie initiale du charbon est convertie en électricité, contre 1164 % pour l’énergie éolienne.

Alors que nous progressons plus que prévu sur la composante « énergie propre » de l’équation de l’efficacité énergétique, puisque l’AIE prévoit désormais que la demande de pétrole, de gaz naturel et de charbon atteindra son maximum avant 2030, la manière dont nous utilisons l’énergie doit elle aussi être repensée. Sur le plan domestique, cela signifie une meilleure isolation de nos maisons, le remplacement des chaudières à gaz par des pompes à chaleur et des appareils plus économes en énergie. En ce qui concerne l’industrie, la modernisation et l’adaptation des installations industrielles aux meilleurs systèmes disponibles contribueront à l’efficacité, tandis que l’amélioration de la réparabilité des produits et la fin de l’obsolescence programmée réduiront le gaspillage. Ces initiatives ne se feront pas sans entraîner des coûts considérables et pourraient être source de valeur pour les investisseurs.

Le dilemme des minerais critiques

La notion de monde optimisé repose en grande partie sur la numérisation et l’électrification des systèmes économiques existants, tels que les transports et la production d’énergie propre. Les minerais rares sont un élément essentiel de ces technologies, mais la demande croissante dont ils font l’objet a entraîné l’émergence de monopoles et de mesures protectionnistes, puisque les pays s’efforcent de sécuriser leurs approvisionnements.

D’un point de vue environnemental, l’extraction de ces minerais critiques suscite des inquiétudes quant aux prélèvements d’eau, aux émissions de gaz à effet de serre et à la biodiversité. Près de 1 300 mines et sites d’exploration se trouvent dans des « zones clés pour la biodiversité », c’est-à-dire des endroits désignés comme importants pour la conservation de la biodiversité.

Afin de préserver l’approvisionnement et de minimiser l’impact environnemental de leur extraction, les minerais critiques pourraient être utilisés de manière plus efficace et plus judicieuse. L’amélioration des systèmes de transport public et des réseaux ferroviaires, ainsi que le développement de véhicules plus légers et de technologies favorisant le covoiturage contribueraient à réduire la demande. Dans le même temps, investir dans de meilleures usines de recyclage permettrait de s’attaquer au problème croissant des déchets électroniques.

L’optimisation de notre utilisation des minerais critiques est fondamentale pour l’avenir de la planète et pourrait déboucher sur des opportunités d’investissement intéressantes.

Repenser la chaîne alimentaire

La façon dont nous produisons des aliments pour répondre aux besoins d’une population toujours plus nombreuse est loin d’être optimale. Si l’on prend l’exemple du trajet de la ferme à l’assiette, nous consommons aujourd’hui des aliments provenant de toutes les régions du monde, tout au long de l’année. Si cette situation peut satisfaire notre appétit, elle n’est pas durable, d’autant plus que l’augmentation de la population mondiale va faire peser une pression de plus en plus forte sur l’approvisionnement alimentaire (avec une demande qui devrait augmenter dans une fourchette comprise entre 59 % et 98 % d’ici 2050).

Plusieurs solutions technologiques existent déjà pour améliorer la chaîne d’approvisionnement alimentaire : les fermes verticales produisent avec succès des cultures en milieu urbain, tandis que les technologies d’agriculture de précision aident les agriculteurs à prendre des décisions complexes telles que le moment propice à l’irrigation ou à la récolte. Mais ces innovations ne sont aujourd’hui utilisées qu’à petite échelle et doivent donc être accompagnées d’autres mesures telles que la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, le gaspillage est immense, qu’il s’agisse de la production, de la transformation, de la vente au détail, du stockage, du transport ou de la consommation finale. De fait, plus de 30 % des denrées alimentaires sont gaspillées chaque année. Les gouvernements ont lancé des initiatives politiques pour lutter contre le gaspillage alimentaire, notamment en réduisant la taille des portions et en interdisant les remises qui encouragent les achats excessifs. De même, les entreprises réduisent leurs déchets en évitant de les mettre en décharge ou en faisant don des restes à des associations caritatives.

L’efficacité des ressources est un des principaux piliers de la transition vers un monde plus optimal, et les incitations financières à la réduction des déchets coûteux sont considérables ; dès lors, les entreprises qui proposent des solutions efficaces pour relever ce défi pourraient représenter une source d’opportunités à long terme pour les investisseurs.

Mieux faire avec le numérique

L’optimisation ne se limite pas au monde naturel. Les progrès technologiques permettent de réaliser d’énormes économies en termes de consommation, de temps et de déploiement du capital humain.

L’un des principaux axes d’optimisation numérique dans les entreprises a été le transfert des activités informatiques vers le cloud computing. Ce dernier consiste en la mise à disposition en ligne de systèmes informatiques, en particulier de stockage de données et de puissance de calcul, sans qu’il soit nécessaire d’acheter, de posséder ou d’entretenir des équipements physiques tels que des serveurs. Cela permet non seulement de réaliser des économies, mais aussi de bénéficier d’une certaine élasticité : une entreprise peut adapter ses besoins informatiques en fonction de l’évolution de la demande. Avec un taux de croissance annuel d’environ 18 %, le marché du cloud computing devrait atteindre 1,2 milliard d’USD d’ici à 2027. Pour les investisseurs, le cloud computing est considéré comme une tendance structurelle à long terme : pour rester les meilleures, les entreprises devront continuellement adapter leurs systèmes d’exploitation pour suivre la transformation numérique en cours.

Le rythme de la transformation numérique a été accéléré par la commercialisation de l’intelligence artificielle générative (IA). Au-delà des nouvelles pistes de croissance qu’elle offre, l’IA générative aidera considérablement les entreprises à devenir plus rentables en leur permettant d’en faire plus avec moins de moyens. Grâce à l’IA, les développeurs peuvent écrire plus de code par heure ; l’IA peut contribuer au service client en résolvant certaines questions sans intervention humaine ; les courriels peuvent être personnalisés en fonction des préférences des clients ; et d’énormes volumes de données peuvent être traités rapidement, favorisant ainsi la production d’informations pertinentes.

Pour autant, malgré les atouts de l’IA, des inquiétudes se font jour quant au déplacement de la main-d’œuvre, au risque de manipulation et d’utilisation abusive, et à sa forte consommation d’énergie, puisque, par exemple, une seule entreprise d’IA peut consommer plus d’énergie qu’une ville comme San Francisco. Le potentiel disruptif de l’IA ne manquera pas d’attirer les investisseurs, mais il serait prudent d’être particulièrement vigilant quant aux risques encourus.

Optimisation = opportunité

À l’origine des forces qui président à l’évolution vers un monde plus optimisé, on retrouve la nécessité d’utiliser plus efficacement les ressources naturelles de la planète. La façon dont les modes de vie et les pratiques commerciales évolueront, la manière dont les progrès technologiques seront adoptés ou combattus et, dans le cadre de la transition vers une économie plus circulaire, la manière dont la restauration, la réutilisation et le recyclage contribueront à la longévité sont autant de défis et d’opportunités. Cette optimisation constante créera des opportunités constantes.

Chez BNP Paribas Asset Management, nous considérons cette tendance à l’optimisation comme un axe prioritaire de l’investissement durable. Comprendre comment les entreprises peuvent optimiser leur usage des matériaux, tout en limitant leur consommation et leur utilisation improductive des ressources, ne sera pas seulement une condition essentielle pour générer des performances à long terme, mais contribuera également à assurer un avenir plus durable.

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